Par le dessin et la peinture, j'explore l'idée d'une nature résiliente et désanthropisée. Je pose un regard à la fois symbolique et romantique sur les relations entre la nature et son pathogène humain.

Je dépeins un monde onirique et marécageux où l'architecture est laissée à l'abandon et où des êtres étranges se côtoient. Pendant qu'ils se disputent, admirent leur reflet dans l'eau ou se couchent sur le sol, les vautours attendent. Le cataclysme est-il imminent, ou a-t-il déjà eu lieu ?

En me promenant dans l'environnement bâti, je réfléchis à ce qui restera de cette civilisation. Je cherche des marqueurs de changement et d'indifférence qui servent de tremplin à des récits. J'étudie les bâtiments négligés près de chez moi qui suscitent ma réaction émotionnelle. En ce moment, ce sont les maisons et les hangars de la classe ouvrière de Montréal, ses usines et ses temples. Je les vois se délabrer davantage à l'ère de l'anthropocène, servant ainsi de marqueurs temporels et symboliques. Dans mes tableaux, ils sont isolés et seules les façades subsistent, suggérant des bouleversements majeurs et nous rappelant que tout est momentané.

Dans mon travail récent, je m'éloigne du paysage conventionnel pour considérer la surface aplatie. Le spectateur fait face à une clôture en bois délabrée qui agit comme un objet de séparation, une barrière entre l'environnement humain et naturel. Au-dessus, une formation verticale s'enflamme. La lumière filtre à travers les planches, le grondement se rapproche.


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